"Ce n'est pas parce que l'on a rien dire qu'il faut fermer sa gueule" Michel AUDIARD

lundi 12 septembre 2016

un "tipi" aux Panissières

en juillet dernier, j'ai visité, avec trois de mes princesses, le marais de Sailles, près de Crêt en Belledonne, sous la houlette de Annayk T. responsable de l'écologie locale. J'ai ainsi découvert l'existence de "tipi", refuge provisoire d'insectes en tout genres, de petits rongeurs, de petits et moyens carnassiers, les uns dégustant les autres, histoire de faire vivre la chaine alimentaire.
Dans un prochain billet, avec l'aide d'Annayk, je vous en dirai plus sur ces "tipi"...
En attendant quelques photos de celui réalisé par mes soins la semaine dernière.







lundi 11 juillet 2016

bravo mes Princesses



une belle réussite en 1ère année de droit et donc un brillant passage en seconde année;


deux brillants succès (avec mentions à la clé) au brevet des collèges et donc un tout aussi brillant passage au lycée;


une très belle année de CM2 et donc un brillant passage en 6ème.


bravo mes Princesses: nous sommes fiers de vous!

dimanche 29 mai 2016

Les 55 oubliés de la bataille de Verdun.

Tout a été dit sur cette gigantesque boucherie qu'a été la bataille de Verdun. 


Tout ou presque. Tout, c'est-à-dire les combats meurtriers, l'héroïsme des combattants, leurs peurs, leurs sacrifices, l'inhumanité de leurs conditions de vie et de mort. Tout, c'est-à-dire les ordres et les contre ordres qui envoyaient à la tuerie des dizaines de milliers de soldats pour quelques mètres, gagnés le lundi et perdus le mardi. Tout, c'est-à-dire la folie meurtrière de la guerre, cette abomination qui habite l'homme au plus profond de lui.

Presque, c'est-à-dire que personne n'évoque, ne parle des 55 pauvres bougres, "fusillés pour l'exemple" et qui n'ont toujours pas été réhabilités. Presque, c'est-à-dire que l'on se gave de mots et de belles formules pour célébrer le courage des combattants, français et allemands, mais que, volontairement, ces mêmes beaux-parleurs passent à la trappe la mémoire de 55 soldats que la justice militaire de l'époque a condamné au terme de procès iniques.201408160889-full

Mon propos, dans ce billet, n'est pas de rentrer dans les détails de ces condamnations. Pour autant, il faut garder à l'esprit que faire passer en conseil de guerre un soldat était d'abord et surtout comme l'affirme un rapporteur devant un conseil de guerre: "Il s'agit moins de punir un coupable que d'empêcher par la sévérité de la répression la contagion du mal." (1) A partir de là, tout est dit.


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l'exécution d'un condamné devant tout le régiment
La faute, ou supposée telle, doit être punie et donc faire peur. Le condamné sera fusillé devant le régiment selon un rite quasiment religieux: "Réelle, la violence de l'exécution était aussi symbolique par le cérémonial imposé aux soldats. Son déroulement était réglé par les autorités militaires avec une précision comparable aux grands rituels du pouvoir et de l'Eglise. La participation de toute la société militaire (officiers, soldats, médecins militaires, aumôniers...) procédait de la pédagogie de l'exemple. Chacun jouait son rôle, écrit et limité à l'avance." (2)
 
 
Après la guerre, de nombreuses voix d'anciens combattants se sont élevées pour demander que tous soldats condamnés par des conseils de guerre soient réhabilités. Sans succès. Sans doute, les politiques de l'époque jugeaient-ils qu'il était difficile de contrarier la haute hiérarchie de l'armée, laquelle était farouchement opposée à la moindre réhabilitation. Mais bien entendu, il n'était pas question de remettre en cause les méthodes de commandement, les offensives aussi inutiles que meurtrières, les erreurs grossières de stratégie, bref toutes les fautes du haut commandement. 

Louis Barthas
Quand on pense que le général Nivelle* a été fait Grand Croix de la Légion d'Honneur en 1920, qu'il a reçu la Médaille Militaire en 1921 et qu'en 1931, son corps fut transféré aux Invalides, je ne peux m'empêcher de citer Louis Barthas*: "Quels châtiments auraient donc mérité ces généraux inhumains, artisans de la défaite puisqu'ils gâchaient, gaspillaient, exposaient à la souffrance et à la mort tant d'existences précieuses?"(3)

Aujourd'hui, hélas, ces réhabilitations ne sont pas toujours à l'ordre du jour. Même s'il est exact que quelques cas, bien trop rares, ont été réglés.

A Craonne*, le 5 novembre 1998, Lionel Jospin, Premier Ministre de Jacques Chirac, avait prononcé un long discours où il exaltait le courage des combattants, mais aussi où il souhaitait que cet hommage concerne aussi tous les soldats fusillés: "Que ces soldats, " fusillés pour l'exemple ", au nom d'une discipline dont la rigueur n'avait d'égale que la dureté des combats, réintègrent aujourd'hui, pleinement, notre mémoire collective nationale. " Aussitôt, tout ce que la droite et l'extrême droite comptent de donneurs de leçons de patriotisme à la petite semaine s'élevèrent contre ce discours jugé "déshonorant" et "insultant" pour la mémoire. Les mêmes n'ont pas jugé utile de demander à ce que les médailles du "boucher du chemin des Dames" lui soient retirées.

Au-delà des mots des uns ou des autres, les actes ne suivent pas. Les 639 "fusillés pour l'exemple", dont les 55 de Verdun, pendant le première guerre mondiale, n'ont toujours pas été réintroduits dans la communauté des victimes de cette abominable tuerie. Il serait grand temps que nos parlementaires, surmontant leur différences politiques, aient le courage et l'audace de rétablir l'honneur de ces "fusillés pour l'exemple."

Pour conclure, je cite ici un passage de l'article de la Libre Pensée publié dans Médiapart le 24 février 2016: "Parce que le peuple souverain, c’est la République en marche, parce que nous sommes aussi la République, au nom de l’Humanité nous proclamerons que les 639 Fusillés pour l’exemple (dont les 55 de Verdun) sont réhabilités collectivement, qu’ils n’ont ni fauté ni trahi. Ils étaient des hommes au Front sous les bombes, les obus et la mitraille. Ils étaient dans la boue, le sang et l’horreur des tranchées. Ils ont dit NON à la mort inutile. Ils ont dit NON à des ordres imbéciles aboyés par une hiérarchie militaire qui se  souciait comme d’une guigne de la vie humaine."epalivetwo032325 

* clic sur le lien

(1) in "Fusillés" de Jean-Yves Le Naour, éditions Larousse, 2010, page 19, note 30.
(2) in "les fusillés de la Grande Guerre" de Nicolas Offenstadt, éditions Odile Jacob, 1999, 201.
(3) in "les carnets de guerre de Louis Barthas, tonnelier, 1914 - 1918, éditions du centenaire, 2013, page 244. (première édition par la Librairie François Maspéro, 1978)


Angèle-Cartier-couv-6

de Claude Bachelier
aux éditions Zonaires: www.zonaires.com

samedi 30 avril 2016

"Salauds de pauvres" (3)

Les deux premiers articles que j'avais écrit sur ce thème étaient consacrés à Mr Laurent Wauquiez, à cette époque ministre des affaires européennes*, puis ministre de l'enseignement supérieur* dans le gouvernement de Mr Fillon. Lequel Wauquiez est aujourd'hui président de la région Rhône Alpes Auvergne, député de la Haute Loire et secrétaire général délégué du parti LR de Mr Sarkozy. Il se faisait et se fait toujours le pourfendeur de ce que lui et ses amis appellent l'assistanat.

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crédit photo: AFP

Mais ce n'est pas à lui que je vais consacrer mon billet de ce jour mais à Bruno Le Maire,* député de l'Eure et candidat à la primaire de "la droite et du centre".

Il est né en 1969,  a fait de brillantes études: Ecole Normale Supérieure (reçu premier à l'agrégation de lettres modernes) Sciences Po et l'ENA. Il a commencé sa carrière au sein du ministère des Affaires Etrangères. Il a été un très proche collaborateur de Mr de Villepin, de 1998 à 2007. Il a ensuite été ministre de 2008 à 2012 dans le gouvernement de Mr Fillon. Donc une longue carrière politique classique commencée à 29 ans.

Candidat déclaré à la primaire de "la droite et du centre", il se veut le candidat du renouveau et du renouvellement: "le renouveau, c'est Bruno" peut-on lire sur le tee-shirt de ses soutiens.
Alors, pour étayer cette prétention, il lui arrive de tomber la cravate, mais surtout de prononcer tous ses discours en relevant ses bras de chemise. A tel point que lors du congrès de son parti en 2015, alors qu'il montait à la tribune pour lire son discours, son "ami" Brice Hortefeux lui a demandé: "tu viens de faire la vaisselle?*" Ambiance...

Mais ce qui m'amène aujourd'hui à poser ma plume sur lui n'est pas son parcours, somme toute aussi classique que banal dans notre classe politique, ni pour ses tenues vestimentaires, elles aussi classiques et banales.

Non, ce sont ses déclarations et intentions concernant les titulaires du RSA: il propose que les départements puissent*, je cite: « avoir la possibilité d’avoir accès aux comptes bancaires des bénéficiaires du RSA pour s’assurer que chaque bénéficiaire touche bien le montant dont il a besoin et qu’il n’y a ni gabegie, ni fraude ». Et il ajoute: "Je veux que chaque euro d’aide sociale aille à ceux qui en ont besoin."

Dans la même déclaration, il n'hésite pas à affirmer sur le ton martial qui convient: "le RSA est un minima social qui s’applique à une situation d’urgence. Or, quand on a 12 000 euros sur son compte en banque, on n’est pas dans l’urgence. » Sans invoquer les entreprises bénéficiaires, entre autres du CICE, qui perçoivent des millions d'euros d'argent public alors qu'elles dégagent des résultats faramineux, qu'elles font des ponts d'or à leurs dirigeants, même quand ils échouent, et distribuent des montagnes de dividendes à leurs actionnaires. Mais pour Mr Le Maire, un pauvre doit être pauvre!

on ne peut que souscrire à une telle ambition: aider ceux qui en ont besoin tout en contrôlant le bon usage des deniers publics.

Mais ce qui pose question, c'est que les soucis de bonne gestion de Mr Le Maire s'adressent une fois de plus aux démunis, aux pauvres: pour mémoire, le montant du RSA* est de 549 € pour une personne seule, 1121 € pour une personne seule avec deux enfants.
Ajoutons que près d'une personne sur deux qui pourrait prétendre au RSA n'en fait pas la demande...

Le montant des fraudes aux diverses prestations sociales est de 143 millions d'euros, incluant celles du RSA qui se situent à peu près à 40 millions. Rapportée aux 9,3 milliards versés aux 2 500 000 allocataires fin 2015, cela reste limité. Et rapportée aux 40 milliards de la fraude fiscale estimée en France, c'est une goutte d'eau dans l'océan! 
Cela posé, que l'on se comprenne bien: je suis convaincu autant que quiconque qu'il convient de traquer les fraudes, toutes les fraudes, mais cependant que l'on ne mette pas plus d'énergie à traquer les voleurs de pommes que les costumes cravates!

J'ai cherché sur le blog de Mr Le Maire et un peu partout sur les différents médias ses positions, ses propositions suite aux révélations des "panama papers". Rien, pas une ligne, pas un mot.
Pourtant, dans le souci qui est le sien et que l'on peut supposer sincère, qui est de pourchasser "les fraudes et la gabegie", rien qui puisse, dans ses déclarations, faire apparaitre une colère ou une condamnation de pratiques iniques qui permettent à une minorité de s'enrichir sans limites! "Qui ne dit mot consent" dit le dicton. J'ai quand même du mal à imaginer que Mr Le Maire puisse être d'accord avec ces fraudes. Mais alors pourquoi ne dit-il rien? Et inversement, pourquoi cet acharnement sur les allocataires du RSA?

Même chose pour les millions d'euros donnés aux entreprises, y compris et surtout celles qui font des bénéfices, dans le cadre du CICE*: Crédit d'Impôt pour la Compétitivité et l'Emploi, institué en 2013. Pour l'année 2014, 24 grandes entreprises ont perçu 1,6 milliard d'euros, et cela sans le moindre justificatif et encore moins d'obligation de résultats. Rappelons que ce CICE a pour but, entre autres de favoriser "la recherche et l'innovation". On peut quand même se demander si certaines entreprises font vraiment, "de la recherche et de l'innovation". La liste des entreprises bénéficiaires* répond à la question posée.

A ce sujet, B. Le Maire n'a aucune interrogation: lui si prompt à dégainer sur la "gabegie" reste muet sur le sujet.
Plus généralement, il s'exprime peu sur les allègements divers et variés consentis aux entreprises en terme de réduction d'impôts ou de cotisations sociales; et pourtant, là encore, il n'y a ni obligations de résultats, ni d'ailleurs de résultats. Là-aussi, il reste muet... Sauf à dire que, lui président, il ne négociera pas avec les syndicats*: Monsieur Trump, aux USA, ne dit pas autre chose!

Il ajoute, dans cet interview: "je veux donner la garantie absolue aux contribuables que les aides sociales sont justifiées" et "que l’argent va où on en a besoin".
Là encore, noble souci de l'argent  public. Mais cela m'a amené à m'interroger sur l'argent public que lui, Bruno Le Maire, perçoit en tant qu'élu du peuple, en tant que député. Des sommes conséquentes mais, me semble t-il, justifiées eu égard à l'importance du mandat et aux responsabilités propres à chaque élu.

Je suis donc allé jeter un oeil sur l'activité parlementaire du pourfendeur de la gabegie. Et pour cela, je suis allé sur les sites: https://www.nosdeputes.fr/bruno-le-maire/graphes/lastyear et http://www2.assemblee-nationale.fr/deputes/fiche/OMC_PA331481.

Je vous laisse examiner en détail sa présence au cours des différentes sessions, sa participation à la commission des finances et ses prises de paroles. Lui l'opposant farouche au cumul des mandats (c'est sans doute le seul point d'accord que j'ai avec lui), devrait être, me semble t-il, plus présent dans l'hémicycle puisqu'il est seulement député. Or, ce n'est quand même pas tout à fait le cas: d'après le site https://www.nosdeputes.fr/synthese, il se situe souvent dans les 150 derniers pour les différentes activités: 3 présences à la commission des finances et pas d'interventions et 11 semaines d'activités quand les meilleurs en sont à 38 ou 39...

Je ne veux pas me livrer à des calculs de boutiquier, mais je m'interroge quand même sur la pertinence de sa rémunération au regard de son activité parlementaire. Lui qui veut donner aux contribuables la certitude que leur argent est bien employé ne donne pas vraiment l'exemple. Serait-il un adepte du "faites ce que je dis, pas ce que je fais", très en vogue chez les puissants?

Le populisme et la démagogie sont les défauts les mieux partagés par les différentes classes politiques partout dans le monde. La France en la matière ne fait pas exception, loin s'en faut. Ces populistes et ces démagogues se veulent à l'écoute des peuples, mais ne les entendent pas. 
Aux prétextes fallacieux d'aller vers davantage de progrès ou de croissance, ils mettent en place, quand ils arrivent au pouvoir, des politiques d'austérité dont chacun peut mesurer qu'elles ne font qu'accentuer misères et précarités. C'est vrai chez nous, mais pas que.

Bruno Le Maire, hélas, fait partie de ces gens. Certes, il n'est d'aucun extrêmes, ni de gauche ni de droite. Pour autant, son approche populiste du débat politique, ses discours démagogiques, les méthodes autoritaires qu'il prétend mettre en application s'il devait arriver au pouvoir, son mépris affiché de ses adversaires, y compris au sein de son propre camp, sans parler de son programme politique ultra réactionnaire et de son programme économique ultra libéral.

Tout cela m'amène à penser que cet homme est dangereux!

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Angèle-Cartier-couv-6de Claude Bachelier

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mercredi 6 avril 2016

une correspondance de 1902 de la baronne des Panissières





Qui aurait pu penser que les gens des Panissières avaient du sang bleu dans les veines?



en allant sur "présentation" puis "agrandir le texte seulement", vous pourrez lire cette correspondance plus facilement.





un texte que mes amis Noëlle et Jean Pierre Macian ont découvert dans  "La Chronique d'Allevard Les Bains 1902" (Hebdomadaire illustré. Directeur Docteur BOËL) et qu'ils ont eu la gentillesse de me faire parvenir.

dimanche 6 mars 2016

le moulin à huile de Tencin

Le moulin à huile de Tencin existe depuis 1875. Mis à part une assez longue interruption entre 1914 et 1945, ce moulin fonctionne toujours avec quasiment les mêmes équipements, dont la lourde meule broie les cerneaux dans le socle, issu d'un rocher du col du Coq. C'est un système de courroie, lui aussi très ancien, qui actionne la meule.


la meule actionnée par des courroies


Puis, une fois les cerneaux broyés, Jacques, l'opérateur expérimenté dépose la pâte sur la "poêle" où il s'agit de griller légèrement la pâte afin d'éliminer l'eau encore contenue dans le cerneau. Tout l'art consiste à griller juste comme il faut, ni trop, ni trop peu.
Jacques

"la poêle"

Ensuite, la pâte ainsi chauffée est posée dans le pressoir, lequel pressoir exercera une pression de 600 tonnes pour extraire une huile aussi pure que savoureuse. Il faut à peu près 2 kilos de cerneaux pour faire un litre d'huile.
le pressoir

Jacques enlève ensuite du pressoir une grosse galette appelée "tourteau", ou "toule", lequel tourteau sera soit repassé sous la meule pour une seconde pression, soit utilisée pour l'alimentation animale.
à gauche les plaques de tourteau

Le moulin à huile de Tencin est certes une petite unité, ce qui ne l'empêche pas de produire 4000 litres d'huile par an, à partir de la production des agriculteurs locaux ou de particuliers, dont Monique L. qui m'a fait l'amitié d'ajouter les quelques noix de notre production aux siennes  et de me faire connaitre ainsi le moulin de Tencin et Jacques, le sympathique maitre des lieux.
Jacques, le maitre des lieux


Les productions des particuliers ne sont pas incluses dans le label "La noix de Grenoble", cette dernière bénéficiant d'une AOC depuis 1938, mais aussi, depuis 1996, d'une AOP, Appellation d'Origine Protégé, décernée par l'Union Européenne. C'est dire si sa qualité est reconnue.
En 2010, 10130 tonnes de noix avaient été produites par 1100 agriculteurs sur une aire géographique de 7000 hectares, en Isère.



"Angèle Cartier"
de Claude Bachelier
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dimanche 14 février 2016

Abbé Pierre, Geneviève de Gaulle – Anthonioz, revenez, ils sont devenus fous!

l'abbé Pierre

Geneviève de Gaulle - Anthonioz















Si, pour écrire ce billet, j'en appelle aux mannes de ces deux illustres personnages, c'est parce qu'ils ont été et sont encore des références citées en permanence par les différentes personnalités politiques qui nous ont gouverné et nous gouvernent encore.

Le premier a été fait Grand Croix de La légion d'honneur par le Président Chirac en 2004. Lorsqu'il a appris le décès de l'abbé Pierre, le 22 janvier 2007, le Président à déclaré: "La France perd une immense figure, une conscience, une incarnation de la bonté. Il représentera toujours l'esprit de révolte contre la misère, la souffrance, l'injustice et la force de la solidarité".

Le 30 janvier, à l'Assemblée Nationale, Jean Louis Borloo, alors ministre du logement, déclarait: "Le plus bel hommage sera le vote prochain par les parlementaires, dont il fut, de la loi sur le logement opposable, une loi qui pourrait porter son nom, une manière de maintenir toujours vivante sa mémoire et son action "
A ses obsèques, toute la fine fleur du personnel politique était là: de D. de Villepin à N. Sarkozy; de B. Delanoë à V. Giscard d'Estaing; de Jack Lang à F. Bayrou. Sans oublier le Président, bien sûr.

La seconde, Présidente d'ADT Quart Monde*, elle aussi, a été élevée au rang de Grand Croix de la Légion d'Honneur par le Président Chirac en 1997. Le Président Hollande, quand il a appris son décès, le 14 avril 2002, a déclaré: "Geneviève de Gaulle - Anthonioz: « c'est la fraternité » avec « les plus pauvres, les oubliés, les exclus, les relégués »"  Lors du discours qu'il a prononcé lors du transfert symbolique de son cercueil au Panthéon , il a cité cette grande dame: "« La pauvreté n’est pas  une fatalité individuelle mais une défaillance collective »

Donc, tout le monde semble d'accord: la pauvreté est un fléau qu'il faut combattre et avoir en référence les actions que ces deux illustres personnages ont menées.

Mais, c'est bien connu, il y a toujours loin de la coupe aux lèvres. Loin des paroles lénifiantes aux actes courageux. Loin des bonnes intentions aux mauvaises réalisations.

Car notre beau pays, notre belle France comptait pas loin de 8,6 millions de pauvres en 2013 (selon les chiffres de l'INSEE)*, c'est-à-dire 14% de la population.

Il convient de préciser qu'être pauvre, en 2012,  c'est vivre avec 987€ pour une personne seule, 1481€ pour un couple sans enfant et 2073€ pour un couple avec deux enfants. Là-encore ce sont des chiffres fournis par l'Observatoire des Inégalités en 2012*. (les liens vers les sites donnent des précisions très utiles). C'était un peu moins avant 2012 et c'est certainement plus en 2015.

Il me faut préciser que le RSA en 2016 est de 527€ pour une personne seule, 786€ pour un couple sans enfant et 1101€ pour un couple avec deux enfants. Et ce RSA n'est pas cumulable avec les autres prestations.*
Il est à noter que la moitié de ceux qui pourraient prétendre au RSA n'en font pas la demande pour diverses raisons.
J'arrête ici avec les chiffres. Ils sont incontestables.
Les différents médias nous ont appris que certains élus, présidents de Conseils départementaux en particulier, soit refusaient de verser le RSA, soit voulaient obliger ceux et celles qui le perçoivent à travailler bénévolement sept heures par semaine. Cela bien sûr au nom des grands sentiments censés lutter, dans le premier cas, contre la baisse des dotations de l'Etat; dans le second, lutter contre "l'assistanat", le mot magique, l'aphrodisiaque du populisme le plus éhonté.

Il est vrai que la baisse des dotations de l'Etat est une idiotie, une absurdité, des économies de bout de chandelles. Cette baisse ne date pas d'aujourd'hui. Déjà, François Baroin, alors ministre du budget en 2010, annonçait le gel pour trois ans des dotations de l'Etat aux collectivités locales.*  Lequel Baroin, président de l'Association des Maires de France, proteste énergiquement en 2015* contre la baisse des dotations décidée par le gouvernement. On voit pas là que certains ne craignent pas le ridicule qui, heureusement pour eux, ne tue pas.

Chacun peut mesurer dans le quotidien de la vie communale les effets délétères, directs et indirects de ces baisses.

Pour revenir aux mesures décidées dernièrement, l'élu affirme que la baisse des dotations ne permet pas au budget de son département de verser le RSA. Et bien sûr, plutôt que de tailler dans des dépenses inutiles - et dans son département comme dans d'autres, elles ne doivent pas manquer -  et bien ce monsieur s'en prend aux plus pauvres, aux plus fragiles, à celles et ceux qui n'ont plus d'autres ressources que ce RSA. Alors, comme pour justifier l'injustifiable, certains montrent du doigt les quelques fraudeurs qui vivraient du RSA en travaillant "au noir". Les mêmes qui se gardent bien de montrer du doigt les fraudeurs du fisc ou les exilés fiscaux. Il est vrai, qu'aujourd'hui comme hier, il est plus facile de pourchasser le voleur de pommes que le voleur en costume cravate.

 Le département du Haut Rhin* a décrété que, pour toucher le RSA, l'allocataire devra sept heures de bénévolat à une association ou à une collectivité locale. Il n'est pas besoin d'être grand clerc pour voir le but de la manoeuvre: là-encore montrer du doigt les plus pauvres, mais aussi de bénéficier d'une main d'oeuvre gratuite qui profitera d'abord aux collectivités locales. Cela au détriment des entreprises locales qui n'auront plus à faire les travaux effectués gratuitement par les nouveaux "esclaves", taillables et corvéables quasiment à merci.

Je cite ces deux seuls exemples, mais je pourrai en citer bien d'autres. En réalité, le but recherché, c'est, à terme, la suppression du RSA, afin d'obliger les chômeurs d'accepter n'importe quel travail à n'importe quel salaire. Quand on sait que pour certains milieux politiques et économiques, le SMIC est trop élevé, voire inutile, la boucle est bouclée: travailler plus pour gagner une misère sera le mot d'ordre des pourfendeurs de "l'assistanat". Petit à petit, on en arrive à ce genre de raisonnement imbécile: "ah, estime-toi heureux, tu as un boulot". Un don du ciel en quelque sorte.

Quand on écoute, quand on lit nos politiques, tout partis confondus, ce ne sont que retours en arrière, remise en cause du bien être des individus, suppression de ce qu'ils nomment avec mépris et dérision des "avantages acquis", etc, etc... Tout en nous jurant hypocritement, la main sur le coeur, que c'est pour notre bien.
Oui, hélas, la chasse aux pauvres est ouverte. Comme elle l'a été au milieu du XIX ème siècle. Avec ce qu'il faut d'hypocrisies pour cacher des choix dogmatiques et stupides.

Alors, oui, abbé Pierre, Madame de Gaulle - Anthonioz, revenez. Revenez vite pour rappeler à tous ces hypocrites les promesses qu'ils vous ont faites.

Oui, revenez, ils sont devenus fous!

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Angèle-Cartier-couv-6
de Claude BACHELIER éditions Zonaires www.zonaires.com