"Ce n'est pas parce que l'on a rien dire qu'il faut fermer sa gueule" Michel AUDIARD

jeudi 14 mai 2015

Paul Laarman, ou l'amitié élégante

Parler au passé de quelqu'un pour qui l'on avait de la considération, de la sympathie, de l'amitié n'est pas une chose facile. C'est même douloureux. Pourtant, je me dois de prendre la plume pour parler de cet homme-là.
Paul
Paul

Paul nous a quitté il y a quelques semaines, loin de nous, au Népal, tué par la montagne qu'il aimait tant, la garce!

Il n'y a pas très longtemps que je connaissais Paul, quatre, cinq ans, pas plus. Ce sont des Amis du village qui me l'ont fait connaitre, lui et Monique,  et très vite, le courant est passé entre lui et moi.

Il nous arrivait souvent de discuter, au hasard de nos rencontres ou chez lui ou chez moi. Nous n'étions pas toujours d'accord, mais nous nous retrouvions sur l'essentiel. Et puis, ces discussions n'étaient pas toujours des plus sérieuses ou des plus graves. Paul savait mieux que personne manier l'humour, un humour qui aurait pu être féroce, mais qui n'était qu'amical et bon enfant.

Parce que Paul avait l'amitié élégante, c'est-à-dire une amitié simple et discrète. L'amitié élégante dans son regard, dans sa poignée de main chaleureuse. L'amitié élégante dans sa façon de recevoir, de parler, d'écouter.

Un jour il m'avait offert le livre de Jean d'Ormesson, "la conversation" en me disant: "je l'ai trouvé pour toi et je suis sûr qu'il va te plaire". C'était cela, l'amitié élégante de Paul, toute en attention, toute en pudeur.

Quand je regarderai la montagne - et de chez moi, je la vois tous les jours - je crois que ne pourrai pas m'empêcher de penser à Paul, à son regard, à sa voix, à sa présence.

Je ne pourrai pas m'empêcher de penser à l'amitié élégante de Paul Laarman.