mercredi 21 septembre 2011

Vivre au-dessus de ses moyens...

Vivre au-dessus de ses moyens…

Le monde en général et l'Europe en particulier se débattent depuis quelques années dans une crise économique dont la gravité est au moins équivalente à celle de 1929. Les causes en sont multiples, mais on peut d'ores et déjà en pointer deux majeures: la faillite du système financier entrainé dans une spirale infernale due à son arrogance et son avidité scandaleuse et  l'abandon quasi total par les Etats de leurs prérogatives économiques au profit  du secteur privé marchand, dominé par les financiers. On est bien loin de l'époque où de Gaulle affirmait que "la politique de la France ne se faisait pas à la corbeille."  Depuis le milieu des années 70 - 80, sous prétexte de régler la crise de 1974, les Etats ont été priés de se mettre en retrait et de laisser agir les entrepreneurs privés. Margaret Thatcher, puis Ronald Reagan ont été les fidèles courroies de transmission de ces économistes ultra-libéraux issus de "l'Ecole de Chicago." Le président américain n'affirmait-il pas que "l'Etat n'est pas la solution, il est le problème." Quasiment tous les Etats démocratiques ont emboité le pas à ces politiques économiques, légitimés qu'ils étaient par les citoyens qui les portaient au pouvoir.
Mon propos d'aujourd'hui n'est pas revenir sur cette crise, ses origines ou ses conséquences. Non, plus modeste, mon propos d'aujourd'hui est de revenir sur un point de vue paru dans le journal "les Echos" du 19 août 2011 et qui n'a rencontré aucun écho dans nos médias. Et c'est bien dommage. Car cet article écrit par Madame Agnès Verdier-Molinié, dirigeante, je cite "de la Fondation IFRAP, think tank spécialisé dans l'évaluation des politiques publiques"  est un exemple éclairant de cette prétention à réduire le rôle de l'Etat à celui d'acteur de seconde zone. Le titre de cet article est sans ambiguïté: "couper dans les dépenses plutôt que d'augmenter les impôts." 
Et à partir de là, vous faire part de mon sentiment.

Que dit donc cette dame qui déclenche chez moi une sainte colère?
Tout d'abord, elle donne sa recette: "Pour supprimer le déficit structurel de la France (autour de 60 milliards d'euros par an), il conviendrait de couper 30 milliards de dépenses et de trouver 30 milliards de recettes nouvelles."
Comment coupe t-elle 30 milliards de dépenses?
1. l'Etat, les collectivités, les opérateurs publics, les universités sont mis en demeure de  supprimer des postes de fonctionnaires; de supprimer également les mises à disposition de personnels publics aux syndicats ou aux associations; d'aligner les retraites de la fonction publique sur celles du privé (20 milliards d'euros pour ce seul alignement!!!); des délégations de service publics (éducation, transports, logements) permettraient de substantielles économies. D'après une étude, l'enseignement privé sous contrat coûte 30 à 40% de moins par élève que le public. Voilà une affirmation pour le moins gratuite, mais il est vrai que cette étude a été faite par son organisation. Dont acte.

2. les collectivités locales devraient mettre en vigueur le non remplacement d'un fonctionnaire sur deux, "voire de deux sur trois", partant à la retraite; la réduction volontaire des échelons locaux; une réforme de la clause générale de compétence, sans toutefois sur ce sujet qu'elle ne rentre dans les détails.
3. les dépenses sociales: 600 milliards par an, précise t-elle. Ses remèdes: "meilleure gestion de l'hôpital public par non remplacement des départs en retraite; régulation de l'absentéisme; tarification à l'activité. Regrouper les aides sociales  (RSA, prime de Noël, APL...), en attendant sans doute de les réduire, puis de les abandonner; aides plafonnées par foyer fiscal. Et de citer le gouvernement britannique comme exemple. C'est tout dire!
Ensuite, vient sa potion pour les recettes:
1. l'Etat doit se désengager "petit à petit" de ses participations dans les entreprises, soit plus de 90 milliards d'euros: La Poste, EDF, les aéroports. Elle trouve même 20 milliards d'euros dans une vague "liquidation partielle et avisée de ces titres".
On voit par là que la partie recettes est infiniment plus courte que la partie coupe dans les dépenses, pourtant tout aussi expéditive.
Elle conclut son point de vie avec du classique: "baisser les dépenses publiques demande une vision non uniquement focalisée sur les échéances présidentielles et législatives."  et rappelle les exemples allemands, suédois ou canadiens, censés être des références.
Cet article a le mérite de la clarté. Ce point de vue ultra-libéral s'il en est illustre parfaitement ce à quoi veulent arriver tous les penseurs d'une société privatisée, c'est-à-dire où l'Etat serait réduit à la portion congrue, laissant les acteurs économiques (entendez par là les multi-nationales et les banques) organiser la vie de la nation. Ou pour reprendre une image bien connue: "au sein du poulailler, la même liberté pour tous, pour le renard comme pour les poules."

Sauf que ce que nous vivons actuellement est la preuve éclatante de l'échec du retrait des Etats. Comme par hasard, la crise touche en priorité les économies fortement libéralisées, les USA et l'Europe en sont les exemples les plus évidents. On me dira bien sûr que certains s'en sortent mieux que d'autres et on me citera la Suède, l'Allemagne et d'autres. En oubliant qu'en Suède la pression fiscale est énorme et qu'en Allemagne, les pauvres se comptent par millions. Comme chez nous. Alors, si c'est pour avoir des taux de croissance élevés et avoir en même temps des gens qui n'ont pas de quoi se nourrir ou se loger, je ne vois pas vraiment l'intérêt. Et n'oublions pas que ce que nous avons appelé chez nous "les trente glorieuses" a été une période de forte prospérité, même si ce n'était pas le paradis. Mais ce n'était certainement pas l'enfer que nous vivons aujourd'hui.

Sans compter qu'en Grande Bretagne pour ne prendre que cet exemple, l'Etat a du nationaliser certaines banques pour leur éviter la faillite! Dans un pays ultra-libéral, c'est quand même assez cocasse. Mais n'ont-ils pas appliqué l'adage: "privatiser les profits et nationaliser les pertes"?
On m'objectera que la Grèce est un exemple de gabegie à ne pas suivre. Ce qui est tout à fait exact. Ce qui l'est tout autant, exact, c'est que si l'Etat grec avait été plus fort, tant vis à vis du public que du privé, que si l'Etat grec n'avait pas laissé faire, on n'en serait peut-être pas là. Il est tout aussi vrai d'ailleurs que l'Etat grec à triché pour entrer dans la zone euro, aidé en cela par une banque américaine.
Un exemple parmi d'autres: le travail à temps partiel a été mis en oeuvre à la demande des partenaires sociaux. Sauf que ce temps partiel, apprécié des entreprises à cause de réductions de cotisations sociales, génère ce qu'on appelle pudiquement des "travailleurs pauvres", c'est-à-dire des gens qui travaillent plus ou moins 30 heures par semaine, avec des horaires compliqués et dont les salaires ne suffisent pas à assurer une vie correcte. Ce temps partiel devait faire baisser le chômage. Il n'a rien fait baisser du tout, si ce n'est le niveau de vie de salariés devenus précaires.
Alors, bien sûr, on peut supprimer des postes de fonctionnaires par milliers comme le recommande les dogmes ultra-libéraux, privatiser à tour de bras, déréguler pour "améliorer la compétitivité", tous ces remèdes de cheval sans foi ni loi ont non seulement fait la preuve de leur inefficacité, mais aussi, mais surtout de leur nocivité et de leur dangerosité.
Parce que aujourd'hui, qui peut dire que nous avons trop de policiers, de gardiens de prison, d'infirmières, de magistrats, de profs?... J'ai entendu dire que l'on pouvait supprimer des postes de policiers parce l'on allait mettre des  caméras de surveillance un peu partout. Que l'on pouvait supprimer des postes de profs parce qu'il y a moins d'élèves. Et j'en passe et des meilleures. Mais de qui se moque t-on? A qui veut-on faire croire qu'il y a trop d'infirmières dans les hôpitaux? A qui veut-on faire croire qu'il y a trop de juges? J'entends certaines réponses du genre "on peut faire mieux avec moins en s'organisant mieux". Ca me rappelle le fameux "travailler plus pour gagner plus" du Président de la République!!! On a pu voir les résultats!
Vous savez que je ne suis pas, loin s'en faut, adepte de la "théorie du complot". Pour autant, il m'arrive de me demander si certains, vous voyez qui je veux dire, ne mettent pas tout en oeuvre pour mettre en l'air notre système social, pour, en quelque sorte laisser un champ de ruines sur lequel se bâtiraient de nouvelles structures. Un exemple: les moyens de l'hôpital public sont de plus en plus réduits, si bien que nous en arrivons à avoir des médecins et des infirmières travaillant dans des conditions de plus en plus difficiles et cela, nous dit-on, pour faire faire des économies à la Sécu!  Moralité: plus l'hôpital est en difficulté et plus "on" laisse le terrain au privé. C'est valable pour l'hôpital public, mais ça l'est tout autant pour tous les services publics.  Un autre exemple, plus personnel celui-là: dans mon village, à compter du 1er octobre, la poste sera fermée le lundi. Pas assez de personnel m'a t-on dit... Donc, attendons nous, un jour ou l'autre, à voir s'installer dans le village une petite unité privée qui, elle, sera ouverte le lundi, en attendant la suite!
Pour en revenir à cet article, on voit bien où veulent en venir tous ces gens qui prônent l'austérité, les sacrifices pour, disent-ils, notre bonheur. Sauf que l'austérité, la rigueur, les sacrifices, toutes ces potions magiques que veulent nous faire ingurgiter tous ces docteurs Diafoirus, tous ces remèdes ont fait le preuve de leur nuisance. Rien qu'en France, 4ème ou 5ème puissance économique mondiale, nous avons pas moins de HUIT MILLIONS de PAUVRES. Oui, HUIT MILLIONS. Et que nous propose t-on pour éradiquer cette misère? Rien. Rien d'autres que des purges, de l'huile de ricin, comme si nous étions trop bien portants! On nous dit même que nous avons vécu et que nous vivons encore au-dessus de nos moyens! Sans doute pour ces gens-là, vivre avec le SMIC (1300 bruts par mois) c'est d'un luxe!!! Ce matin, à la radio, j'ai entendu Jean Peyrelevade, ancien Président du Crédit Lyonnais (1993 - 2003) affirmer que les français avaient vécu au-dessus de leurs moyens et qu'il convenait de revenir aux réalités. Et les réalités, pour tous ces gens-là, c'est de baisser la dépense publique, d'augmenter la compétitivité des entreprises, afin de réduire notre dette. Donc, moins de prestations sociales, plus de flexibilité et de précarité du travail, moins de régulations, suppression du salaire minimum et baisses des salaires et des retraites. Et je dois en oublier.

Je suis pour ma part partisan de la primauté du politique sur l'économique. Partisan d'un Etat qui impose aux acteurs économiques des lignes de conduite qui permettent aux citoyens de cet Etat de vivre dans la dignité. Cela impose bien sûr d'autres comportements, tant économiques que politiques. Mais dans un monde où l'argent et la puissance qu'il apporte sont devenus "les maitres de l'univers", j'ai bien peur que la folie ne l'emporte sur la Raison. L'Histoire nous enseigne que les injustices, quand elles deviennent insupportables, engendrent ou la guerres ou la révolution. Parfois les deux. Au-delà des grandes théories économiques ou politiques, des grands discours, il serait bien que l'on s'en souvienne.

ps: certains mots dans le texte sont en vert, soulignés et renvoient à une pub. Je ne suis pas à l'origine de cela et jusqu'à maintenant, personne n'a pu me dire comment éviter ce genre de choses désagréables. Si, vous lecteur, avez une solution, je suis preneur. Merci

jeudi 1 septembre 2011

des Panissières à Saint Suliac

Nous avons passé, avec nos deux princesses pélerinnaises,  une petite semaine dans ce village breton, situé dans l'estuaire de la Rance, à quelques kilomètres de l'usine marémotrice. Contrairement aux idées reçues, le soleil était de la partie et la pluie n'a fait son apparition que le dernier jour, comme si le pays marquait sa tristesse de nous voir partir...



Nous étions logés au coeur du village, dans une maison que nous avait prêtée nos cousins Nonésiens. Le granit est la marque de fabrique des maisons de ces contrées, des maisons un peu anciennes, s'entend, les plus récentes étant en moellons recouverts de crépi. Il faut dire qu'en Bretagne, le granit est partout, ou presque et les carrières d'extraction ne manquent pas. Sauf que de nos jours, construire une maison en granit revient autrement plus cher qu'une maison en parpaings.



Donc, la quasi totalité des maisons de Saint Suliac est en granit. Beaucoup d'entre elles ont été restaurées, sans pour autant perdre leur "cachet" d'origine. Chaque maison est différente, dans sa forme, sa couleur, son esprit. A quelques exceptions près, ce sont des petites maisons, avec un seul étage, un toit à deux pentes, recouvert d'ardoises. Donc, des maisons modestes, mais élégantes, coquettes, souvent très fleuries. Le diaporama vous en donnera une idée un peu plus précise. Le 15 août, c'est le Pardon et à l'occasion, des filets de pêcheurs ornaient bien des façades. Façon de rappeler  que Saint Suliac  a été un village de pêcheurs. A bord de chippes, un esquif typiquement suliaçais, les marins pêchaient le lançon, appelé là-bas une équille, ou la margate, une petite seiche dont je peux témoigner ici que, cuisinée par la cousine nonésienne, c'est ex-ce-llent!!!


Pour différentes raisons, dont la fin de la marine à voile, Saint Suliac n'est plus un port de pêche. L'agriculture, puis le tourisme ont petit à petit remplacé cette activité traditionnelle. Pour autant, ce village de 950 habitants cultive sa mémoire collective en organisant chaque année, en plus du Pardon du 15 août, une fête dédiée à "Saint Suliac, il y a cent ans."


Saint Malo, la célèbre cité des corsaires, n'est pas très loin. Nous avons visité "l'Etoile du Roy", un voilier, réplique d'une frégate construite à Saint Malo en 1795, qui a navigué sous pavillon français pendant UN mois, avant que d'être capturée par la marine Britannique. En déambulant dans le poste d'équipage, et pour avoir vécu et navigué sur sur des bâtiments au confort spartiate, j'ai pu mesurer que la vie à bord dans ces époques là ne devait pas être une sinécure pour l'équipage, mis à part la cabine du commandant, située à l'arrière, grande et relativement confortable.


Nous n'étions pas très loin de Cancale où A. est alléE chez Olivier Roellinger voir comment on pouvait améliorer notre "ordinaire". Entre nous, un "bouillon mystère de Tonkin pour petites huitres plates" ou une "soupe d'étrilles et poudre du voyage", ça se laisse déguster!Ce qui se laisse aussi déguster, ce sont les huitres, ces fameuses huitres cancalaises, fermes et croquantes, avec un goût d'iode très prononcé, bref un pur délice!


Il y a un "petit" musée à Cancale, pas très connu, hélas: "le musée ATP", pour "Art et Traditions Populaires". Comme beaucoup de ces musées modestes, modestes par leur taille et leurs moyens, ce musée est exceptionnel. Pour faire bref, il se compose de trois partie principales: une partie consacrée aux sculptures de l'abbé Quémenais; une autre aux modes de vie du pays cancalais; et une troisième, de loin la plus intéressante, en tout cas pour ce qui me concerne: la pêche à la morue pratiquée pour une partie au large de l'Irlande et pour une autre partie à Terre Neuve. Dans ce dernier cas, les voiliers partaient pour huit à neuf mois. A bord de chaque voilier, dix à quinze doris: ces petites embarcations à fond plat de cinq à sept mètres avec deux matelots à bord étaient chargées de la pêche proprement dite. Elles partaient un peu à l'aventure, avec un compas, quelques nourriture et des lignes de trois mille mètres sur lesquelles ils accrochaient des bulots sur les hameçons pour ramener un maximum de morues (parfois entre 700 et 800). Sachant que la paie était proportionnelle à la quantité de morues ramenée au voilier, on peut imaginer que le retour à bord ne se faisait qu'une fois la doris remplie à ras bord. Mais la brume, la grosse mer, parfois des baleines faisaient que bien des doris ne retrouvaient jamais le bord. Mon Ami suliaçais Yves B. -dont le père a été mousse sur un de ces voiliers; un jour, il faudra qu'il m'en parle un plus longuement- m'a dit que quelques doris étaient cependant arrivées à retourner à terre, et même une serait revenue à Cancale. Je me dis que ces gens-là étaient des sacrés navigateurs!


Les voiliers ont été remplacés par des chalutiers, équipés de chalut et de radars pour détecter les bancs de morue. D'où une pêche intensive entrainant la raréfaction de ces poissons. Anita Conti, océanographe et photographe, dans les années 52-53, a embarqué sur un des ces chalutiers et partagé la rude vie des marins. Elle en a tiré un livre, "racleurs d'océans" (éditions Payot et Rivages) avec des photos exceptionnelles. Déjà, dans cet ouvrage, elle s'inquiète de cette pêche intensive.


Nous sommes déjà allés au Mont Saint Michel à plusieurs reprises. Mais, à chaque visite, c'est toujours le même émerveillement, le même étonnement devant une telle bâtisse. Malgré une foule impressionnante, nous sommes montés, avec les princesses, jusqu'à l'abbaye, tout en haut. Il y a tellement à écrire que je préfère vous laisser le découvrir -ou redécouvrir-  par vous même avec ces deux liens. Mais, du haut de l'abbaye, voir la mer à perte de vue est un spectacle sans pareil...
Et puis, retour dans nos montagnes. Nous avons retrouvé Pollen, notre compagne fidèle depuis treize ans, mais bien fatiguée, très fatiguée. Sans doute nous a t'elle attendue pour tirer sa révérence. Quand je l'ai regardée une dernière fois, j'ai alors pensé à la très belle chanson de Renaud dont le refrain dit:


" un jour pourtant, je le sais bien,Dieu reconnaîtra les chiens."




Zoé et Pollen en 1999
Zoé et Pollen en 1999


jeudi 28 juillet 2011

le petit exercice littéraire du vendredi (24)

Même lorsque l'on a pas lu cet auteur, on le connait à travers ses pièces de théâtre, ses films, mais aussi ses bons mots, ses formules à l'emporte-pièce, son humour, sans oublier, bien sûr, sa voix. Inoubliable. Et quasiment inimitable, bien des imitateurs vous le diront. L'auteur et le titre de son ouvrage. Réponses dimanche dans la soirée, rubriques commentaires.

Il faut absolument que celui qui me lit se fasse à cette idée qu'il a pu se commettre à mon intention la plus inconcevable injustice qui soit.
Il ne doit pas avoir d'autre idée préconçue.
Qu'il ne franchisse pas le seuil de cet ouvrage s'il est d'avance convaincu que... cependant... mon Dieu... n'est-ce-pas, malgré tout... j'aurais pu... J'aurais dû - non, non, je ne veux pas d'un lecteur "prévenu".
Qu'il mette de côté tout ce qu'il "croit savoir" - il pourra le reprendre à la sortie du livre - mais, pendant sa lecture, qu'il soit en un état de réceptivité propre à m'en faire un défenseur et, s'il le veut, un ami.
Car je l'estime un honnête homme, intelligent.
Et de la sorte nous n'aurons qu'une idée préconçue - l'un et l'autre.
Peut-être, observera-t-il, au cours de sa lecture, maintes répétitions et quelques négligences aussi, parfois, de style.
Qu'elles soient considérées par lui comme autant de témoignages du mécontentement que j'éprouve à relater des faits qui souvent me répugnent.
Je désirais ne prendre aucun plaisir à ce travail.
Il fallait à ma vie qui fut exceptionnelle, un parachèvement qui fût à sa mesure.
Pour être à sa mesure et rester dans les règles, il fallait que ce fût un rebondissement.
Ce rebondissement se devait à sont tour d'être spectaculaire.
Et, de ce côté)là, je n'ai pas à me plaindre.
Mais voilà qu'aujourd'hui j'ai la prétention - on sait bien que je les ai toutes - hormis celle d'être modeste - oui, voilà qu'aujourd'hui j'ai la prétention de conclure moi-même, en apportant des faits nouveaux, qui sont, à mon sens, de nature à retourner la situation.
Tant et si bien d'ailleurs que cette comédie, qui tient depuis trois ans l'affiche, et dont le premier acte se passait en prison, doit logiquement se terminer, à la façon des pantomimes d'autrefois, par des danses rythmées, quelques feux de Bengale et des tableaux vivants - le tout considéré comme une apothéose.

lundi 25 juillet 2011

le tour de France et le dopage: ou en est la présomption d’innocence?

Le tour 2011 s'est achevé dimanche dernier avec la victoire de Cadel Evens, le premier australien à remporter le grande boucle.
Sans être ce qu'il est convenu d'appeler un "aficionado" de la "petite reine", je m'intéresse néanmoins aux grandes compétitions, donc le tour, les championnats du monde et les JO. Concernant le tour de cette année, je n'ai véritablement suivi que les étapes de montagne et plus particulièrement celles des Alpes. Et la course contre la montre à Grenoble. Sans qu'il y ait pour autant la moindre trace de chauvinisme!
Tout a été dit sur les 10 jours en jaune de Thomas Voeckler, sur les défaillances de Alberto Contador, sur les timidités stratégiques des frères Schleck, la belle victoire de Pierre Rolland à l'Alpe d'Huez, aussi je ne m'y attarderai pas. Encore que ce jeune coureur sera peut-être le signe avant coureur du renouveau du cyclisme sur route français. On ne peut que le souhaiter. N'oublions pas que le dernier vainqueur français du tour a été Bernard Hinault en 1985!...
C'est au dopage que je voudrais consacrer l'essentiel de mon billet aujourd'hui. Parce que lorsque l'on parle du cyclisme, on pense automatiquement et systématiquement au dopage. Comme si le couple cyclisme - dopage était indissociable. Mais, n'est ce pas un peu plus compliqué que cela?
Certes, nul ne peut nier que pas mal de champions, et non des moindres, se sont fait prendre la main dans la confiture d'EPO. Nul ne peut nier non plus que nombre d'entraineurs et de kinés avaient plus dans leur cantine de seringues qu'il n'était nécessaire. Nul non plus ne peut nier que les marques qui sponsorisent les équipes ont besoin de résultats concrets pour rentabiliser leurs investissements, d'où une pression très forte exercée sur le peloton.
Pour autant, il y a quand même quelque chose de surprenant et, disons le, de choquant sur le soupçon permanent à l'égard du monde cycliste. Dans le cas d'espèce, la présomption d'innocence n'existe tout simplement pas: c'est un coureur professionnel, il gagne quelques courses, donc il est coupable. Forcément coupable, comme disait Marguerite Duras. Et il n'y a pas que la "vox populi" pour l'affirmer: les médias ne sont pas à la traine et ils sont même plutôt en pointe: on remarquera d'ailleurs qu'ils brûlent très facilement le lundi ce qu'ils ont adoré le dimanche.
Etant abonné, je lis chaque jour le Monde, journal qui n'est pas précisément un journal sportif. Mais il consacre une page, voire deux aux grands évènements sportifs, dont le tour. Les années précédentes, en plus d'articles strictement sportifs, il a fait appel à Greg Lemon pour commenter les étapes et ses commentaires étaient pour le moins chargés de fiel et de suspicion gratuite parce que jamais étayée de la moindre preuve tangible.
Cette année, toujours des articles consacrées aux différentes étapes, mais aussi quelques analyses  de  Antoine Vayer, professeur d'EPS, ancien entraineur de l'équipe Festina et expert de l'étude de la performance. C'est très certainement à ce titre qu'il développe une théorie où l'effort des coureurs cyclistes est transformée en watts. Je suis bien incapable de vous en dire plus sur cette théorie, sans doute très technique, mais qui permet à notre expert d'avoir un regard très critique, sinon accusatoire au regard des performances des coureurs.
Un exemple parmi d'autres: dans le journal daté du 24 juillet, il écrit, page 19: "Dans le Télégraphe, les muscles froids d'Alberto Contador - genou réparé en une nuit et déjà flashé à 460 watts pendant 20 minutes sur le col de Manse avant l'arrivée à Gap - ont pédalé 47 secondes plus vite que les recordmen de 2007: 30'26s à 23 km/h de moyenne pour gravir 12 kms à 7,09% de dénivelé." Et il conclut son article: "La dernière fois qu'aucun coureur n'avait été flashé au-dessus de 410 watts sur les cols de fin d'étapes du tour, c'était en 1999. C'est cette année-là qu'on a annoncé le premier "tour du renouveau". On connait la suite. Des traces d'EPO ont été retrouvées des années plus tard dans les urines de son septuple vainqueur, Lance Armstrong." On voit par là que le monsieur ne fait pas dans la dentelle: quand on utilise le terme "flashé", dont on sait qu'il est connoté avec excès de vitesse, on devine que ce n'est pas par hasard. Certes, mr Vayer se présente comme expert, mais on sait aussi que les experts, parfois, souvent même, sont tellement certains de leurs savoirs qu'ils finissent par se considérer comme la référence et comme telle, infaillible.
Que l'on se comprenne bien, lecteur attentif: je ne suis pas en train d'écrire que le dopage dans le cyclisme n'existe pas et que tous ceux qui affirment le contraire sont des médisants. Non, pas du tout. Mais il me semble que  les condamnations sans appel à l'encontre des coureurs ont quelque chose de commun avec le lynchage qu'il est convenu d'appeler médiatique. Ainsi, dans son édition datée du 3 juillet, le Monde, en première page, affiche une photo où l'on voit une nuée de photographes "mitrailler" à tout va le car d'une équipe que les gendarmes viennent fouiller. Ce genre d'info entretient, qu'on le veuille ou non, le soupçon et la défiance.
On peut aussi s'interroger sur le fait qu'il n'y a guère que le cyclisme pour être ainsi soupçonné. Il arrive que dans d'autres sports, certains contrôles se révèlent positifs et le ou les coupables sanctionnés, mais jamais d'aprioris aussi systématiques que dans le vélo. Et quels autres sports obligent ses champions à être disponibles à tout moment et en tout lieux pour subir tels ou tels contrôles anti dopage?
Quand je vois la ferveur dite populaire, les millions de gens tassés le long du parcours des étapes, des gens qui crient, qui encouragent et pour certains qui font prendre des risques insensés aux coureurs, quand je vois tout cela, que j'entends ce que j'entends et que je lis ce que je lis un peu partout au sujet du dopage de ces mêmes coureurs, je me dis qu'il y a là quelque chose qui cloche dans notre rapport à ce sport: on ne peut à la fois rendre hommage aux champions (et aux anonymes du peloton) et les accuser de tous les maux.
Ne pas jouer les vertueux que l'on soit spectateurs, commentateurs ou citoyen lambda, voilà qui serait une bonne idée. Et comme disait qui vous savez: "on voit toujours la paille dans l'oeil du voisin et jamais..."
photo Cadel Evans: AFP/ Lionel BONNAVENTURE
photos du peloton: AFP/ le Quotidien et Citizen Side

jeudi 21 juillet 2011

musiques d’ici et d’ailleurs

Avec deux couples d'Amis, nous avons assisté, dans l'église de la Rochette (73) à un concert donné par le groupe "Mathias Duplessy et les 3 violons du monde". Groupe peu connu, voire inconnu de ce qu'il est convenu d'appeler le "grand public". Et c'est bien dommage. Parce que ce que nous avons entendu et vu, hier soir, était, à bien des égards, exceptionnel: la musique, les chants, les instruments, l'ambiance et les musiciens. Quatre vingt dix minutes de bonheur à l'écoute de musiques de chez nous et d'ailleurs, voilà qui apporte un peu de soleil dans ces journées où nous sommes plus proches de la Toussaint que du 14 juillet.

Mathias DUPLESSY est ce que l'on peut appeler un musicien "touche à tout". Guitariste classique de formation, il étudie et joue le flamenco, les musique ottomanes et indiennes, mais aussi la musique mongole, musique et chants  dont nous avons pu avoir une belle démonstration hier soir. Il est le créateur de ce groupe, "Mathias Duplessy et les 3 violons du monde". Il compose mais aussi n'hésite pas à adapter des musiques que l'on pourrait croire hermétiques ou inadaptées à des instruments chinois ou mongols. Ainsi, "Marco Polo", composée par Ennio Morricone ou "la Gnossienne" n° 1 de Erik Satie. La preuve, si besoin en était, que, dans ce domaine comme bien d'autres,  l'on peut, et même l'on doit, ne jamais hésiter à aller plus loin que la stricte tradition, fut-elle au nom de l'harmonie.
Sur la scène, hier soir, il y avait, en plus de M. Duplessy, trois musiciens, un Chinois et deux Mongols, l'un de l'est et l'autre de l'ouest.
Guo Gan, diplômé de musique traditionnelle du conservatoire de la province du Liaoning, il réside en France depuis une dizaine d'années. Il joue principalement d'une  vièle à deux cordes, appelée "er hu". C'est un bel instrument, simple en apparence, dit à cordes frottées. Elève de l'école nationale de musique de Paris, il s'initie aux percussions et au jazz. participant à divers concerts, notamment avec Didier Lockwood et l'orchestre de l'opéra de Paris.
Enkh Jargal est un musicien Mongol, de l'est, né en 1968. Il vit principalement en Allemagne. Il joue d'une vièle à deux cordes, lui aussi, appelée "morin khuur".
Il pratique le chant "diphonique", un chant traditionnel où la voix va du plus grave au plus aigu. Sans rentrer dans trop de détails, le chanteur émet en même temps deux sons: l'un, dit son fondamental ou "bourdon" et l'autre, plus aigu, dit "son harmonique". Bien évidemment, l'apprentissage commence dès le plus jeune âge. Je peux vous dire que c'est très impressionnant; à la limite, et pour être un peu familier, "ça prend aux tripes".
Le troisième musicien chanteur, Nara Kargyraa, - un Mongol de l'ouest- a remplacé au "pied levé"le musicien "titulaire", Sabir Khan, obligé de rentrer précipitamment  au Rajasthan, son pays natal. Je ne connais  rien de son parcours. Mais je peux témoigner que c'est un musicien et un chanteur au niveau des ses collèges, avec une voix très impressionnante et parfaitement maitrisée.
J'ai mis plusieurs liens qui envoient vers plus de détails sur les instruments ou les artistes qui devraient vous permettre de rentrer plus dans les détails. Je vous invite à les consulter, tout comme je vous invite, si par bonheur, ce groupe passait par chez vous, à aller les voir, les écouter. En  espérant que vous aurez le même plaisir que nous avons eu hier soir comme tous les spectateurs présents dans l'église de La Rochette.

lundi 11 juillet 2011

de l'E.E. FORBIN à la F.D.A. FORBIN

Samedi 9 juillet, j'ai été invité, avec deux autres anciens de l'EE Forbin, par le Commandant de la FDA Forbin, le Capitaine de Vaisseau REY et le Commissaire Bourgnigaud, au cocktail de fin de la mission Harmattan au large de la Libye. Mais avant de rentrer plus en détail sur cette belle et sympathique soirée, j'aimerais remonter quelques années en arrière.


l'équipage du Forbin à Suez en 1971
Le 2 novembre 1965, j'embarquais, à Toulon, sur l'Escorteur d'Escadre FORBIN (D 635), alors commandé par le Capitaine de Vaisseau Frédéric-Moreau. Ce fier navire était encore en cale sèche et allait terminer son grand carénage avant d'effectuer des essais en mer puis, en mars 1966, le grand départ vers Tahiti, via le Cap de Bonne Espérance à l'aller, via le Cap Horn au retour. J'ai déjà écrit ici que le passage de ce cap mythique s'était déroulé sur "une mer de curé". La honte absolue!
Ce fier navire, après avoir été désarmé en 1981 et servi de brise-lames à Lanvéoc Poulmic pendant 18 ans, a été envoyé par le fond en 1999 au cours de tirs d'exercice. A 2000 mètres de profondeur, il doit servir de refuge aux crustacés, coquillages et poissons de la faune sous marine bretonne. Ainsi s'achève très souvent le destin de ces "lévriers des mers".
Avec ses 350 hommes d'équipage, ses 128 mètres de long, 12 de large et 5 de tirant d'eau pour un déplacement 3750 tonnes, le Forbin affichait très fièrement ses 650 000 miles au compteur. Mais naviguant depuis 1958, il avait atteint comme il est dit pudiquement "la limite d'âge".
le Forbin à Tahiti en 1966      

 
 
la frégate FORBIN
 
 
En décembre 2008, la Frégate de Défense Aérienne FORBIN (D 620) prenait la relève de son glorieux ancien. Cette frégate n'a rien à voir, mais alors rien, avec l'escorteur.
Tant par son "look" que par ses dimensions et même son équipage. Normal d'ailleurs, tant il est vrai que les  navires conçus aujourd'hui n'ont qu'un seul point commun avec ceux d'hier ou d'avant hier: celui de flotter. Et cela est valable pour les navires de guerre, de commerce ou de tourisme.
 
la coupée du Forbin
un légo
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Avec à peine 200 hommes et femmes d'équipage, 153 mètres de long, 14 de large pour un déplacement de 7000 tonnes, le Forbin "nouveau" est le type même des bâtiments d'aujourd'hui, bourrés d'électronique, de logiciels et d'armements adaptés à des équipements ultra sophistiqués. Sans vouloir rentrer dans trop de détails, la forme du navire est quelque peu surprenante et dès que j'ai vu la frégate, j'ai pensé à un avion "furtif". Effectivement, les ingénieurs de DCNS ont conçu la coque, la mature pour qu'elles soient en quelque sorte, sinon invisibles, du moins "trompeuses", c'est à dire que les radars "ennemis" ne pourraient "voir" sur leurs écrans que la forme d'un... chalutier! C'est certainement plus compliqué que cela, mais cela explique que les navires de surface ressemblent presque à des légos. Les matériaux composites n'ont pas été utilisés, mais je n'ose imaginer le coût d'une telle construction!


Samedi dernier, nous étions donc invités Jean Henri Veillon, Christophe Veillon et moi-même par le commandant Rey et le commissaire Bourgnigaud. Je précise que dans la Marine, le commissaire n'a rien à voir avec la police, ce rôle étant dévolu au Capitaine d'Armes, surnommé plus ou moins affectueusement le "bidel". Le commissaire est le patron de l'administration du bord.
 
le CV Cluzel, JH Veillon, C. Bachelier, C. Veillon
le commanant REY




 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Dès que j'ai eu passé la coupée, j'ai été "frappé" par la jeunesse des officiers présents pour accueillir les invités. Cette surprise s'est confirmée par la suite, ne serait ce que lorsque nous avons été saluer le commandant Rey: quarante, quarante deux ans maximum. Pour un capitaine de vaisseau, c'est surprenant. Entendons nous bien: quand j'écris surprenant, c'est en comparaison de l'âge des officiers de marine il y a pas mal d'années. Confirmation de ce sentiment après avoir longuement discuté avec le commandant en second, le capitaine de vaisseau Cluzel: trente neuf ans! Certes, nous a t'il précisé, les étoiles pouvaient se faire attendre une bonne dizaine d'années.
Beaucoup de monde réuni sur la plage arrière et dans le hangar autour d'un "buffet" appétissant à souhait. Ambiance conviviale, décontractée et même festive.








d'un pont à l'autre
Seul maitre à bord après Dieu...
et quelques autres.
 
 
 Visite du bâtiment sous la houlette de deux jeunes seconds-maitres (deux ans de service, sans passer par Maistrance), visiblement passionnés par leur métier. Première constatation, et d'importance: il y a l'air conditionné partout. Ou presque. La seconde: il n'y a plus de "postes" à l'ancienne où on s'entassait parfois à plusieurs dizaines, mais des chambres de quatre places, avec douches et toilettes. Les coursives (ou couloirs selon les "biffins") sont larges et peu encombrées, même si les chemins de câbles courent, courent... Pour descendre ou monter, les escaliers sont plus proches de l'échelle de meunier que celui du Casino de Paris où Cécile Sorel avait demandé: "l'ai-je bien descendu?" Au moins une dizaine d'écrans d'ordinateurs sur la passerelle; plus de barre en bois, mais un petit volant, presque un "joystick". Mais toujours le siège du Pacha. Il y a encore des cartes papier, mais je n'ai pas réussi à savoir si elles étaient toujours utilisées. Et à priori, il n'y aurait pas de sextant à bord. Ou alors sagement rangé quelque part... A l'avant, les compartiments où sont entreposés les missiles Aster. On peut espérer que l'on aura jamais à s'en servir réellement, mais comme dirait l'autre: "Si vis pacem, para bellum".
la barre
Il y aurait encore beaucoup de choses à dire et à écrire sur ce que j'ai vu, encore que je n'ai pas tout vu de ce que j'aurais aimé voir. Mais ce serait un peu long et pour tout dire sans doute fastidieux. J'ai mis dans ces lignes quelques liens utiles au cas où.
 
En tout cas, j'ai passé une belle soirée et, je le précise, sans aucune nostalgie. Sauf que les souvenirs existent et je ne renie rien. Un de mes souhaits, ou rêves ou chimères ou fantasmes, je ne sais exactement, serait d'embarquer lors d'une sortie en mer, de n'avoir pour horizon que les vagues, de regarder le soir le soleil plonger dans la mer; de voir ce navire "le nez dans la plume"; se lever à cinq heures du matin et contempler le soleil qui se lève.... Bref, un petit retour en arrière, ne serait ce que pour me rappeler que, hélas, la mer ou l'océan n'arrive toujours pas aux Panissières.

photos  de l'EE Forbin: Jacques Marquet
autres photos: Paniss
le Forbin à Tahiti: photo de l'EV Sylvain
clic sur la photo pour agrandir

vendredi 10 juin 2011

le petit exercice littéraire du vendredi (16)


Avec un peu de retard, voilà un texte complexe, écrit par un auteur tout aussi complexe, mais qui nous donne à réfléchir tant sur nos valeurs que sur nos Histoires. On ne le lit pas pour passer le temps.
Donc, le nom de cet auteur, plutôt connu, et le titre de son ouvrage, moins connu. A dimanche dans la soirée.

La liberté, "ce nom terrible écrit sur le char des orages" (1), est au principe de toutes les révolutions. Sans elle, la justice parait aux rebelles inimaginable. Un temps vient, pourtant, où la justice exige la suspension de la liberté. La terreur, petite ou grande, vient alors couronner la révolution. Chaque révolte est nostalgie d'innocence et appel vers l'être. Mais la nostalgie prend un jour les armes et elle assume la responsabilité totale, c'est-à-dire le meurtre et la violence. Les révoltes serviles, les révolutions régicides et celles du XX ème siècle, ont ainsi accepté, consciemment, une culpabilité, de plus en plus grande dans la mesure où elles se proposaient d'instaurer une libération de plus en plus totale. Cette contradiction devenue éclatante, empêche nos révolutionnaires d'avoir l'air de bonheur et d'espérance qui éclatait sur le visage et dans les discours de nos Constituants. Est-elle inévitable, caractérise-t-elle ou trahit-elle la valeur de révolte, c'est la question que se pose à propos de la révolution comme elle se posait à propos de la révolte métaphysique. En vérité, la révolution n'est que la suite logique  de la révolte métaphysique et nous suivrons, dans l'analyse du mouvement révolutionnaire, le même effort désespéré et sanglant pour affirmer l'homme en face de ce qui le nie. L'esprit révolutionnaire prend ainsi la défense de cette part de l'homme qui ne veut pas s'incliner. Simplement, il tente de lui donner son règne dans le temps. Refusant Dieu, il choisit l'histoire, par une logique apparemment inévitable.
(1) Philotée O'Neddy

15 jours en Chine ou le monumental en bandouilère (Suite 4)

  Le jardin d'été, à Pékin, relève, lui aussi, du monumental, même si ce monumental là se situe plutôt dans une certaine forme d'int...