Le jardin d'été, à Pékin, relève, lui aussi, du monumental, même si ce monumental là se situe plutôt dans une certaine forme d'intimité raisonnable. Quoique, quoique...
En langue chinoise traditionnelle, au sens littéraire: "jardins de l'harmonie préservée".
De nos jours, au regard des milliers de visiteurs, il faut bien reconnaitre que l'harmonie n'est plus vraiment préservée.
Mais, lors de sa construction par l'impératrice Cixi* en 1866, il était évident que ce jardin avait été conçu pour l'élégance, l'équilibre et la tranquillité.
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l'impératrice douairière CIXI
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Avec une superficie de 2,2 km2, le lac de Kuming occupe les trois quarts du site. Lors des hivers particulièrement froids, il est utilisé par les patineurs sur glace.
C'est à la fin du XVIII ème siècle que le lac, ancien réservoir de la capitale, fut transformé en jardin où plus de 10 000 hommes participèrent aux travaux.
Le bateau de pierre attire forcément le regard: en effet, personne ne s'attend à voir ce qui ressemble à un bateau de 36 mètres de long.
L'empereur Li Shiming de la dynastie Tang avait affirmé: "« L'eau peut transporter le bateau, mais elle peut aussi le retourner. » L'eau étant le peuple qui peut renverser l'empereur.
Le bateau original a été en partie détruit par les troupes franco-britanniques en 1860 et reconstruit un peu plus tard, dans un style plus occidental que chinois, ce qui gâche quand même un peu cette reconstruction.
Nous n'avons pas pu voir le pont aux dis-sept arches, un pont de marbre. À en juger les photos, nous avons manqué un monument remarquable de 150 mètres de long construit au XVIII ème siècle.
Il est bien évident que ce n'est pas en deux heures que l'on peut tout voir de ce "jardin extraordinaire".
Mais aux côtés d'une foule nombreuse et bruyante, il nous a été permis de voir ou plus exactement d'apercevoir un haut lieu de l'harmonie, de la longévité et de la contemplation.
C'est un privilège qui n'est pas forcément donné à tout le monde.
Nous avons croisé au cours de notre promenade de jeunes femmes, des moins jeunes aussi, des enfants qui avaient revêtu les habits anciens dont nous avons remarqué l'élégance et la beauté.
Dans mon prochain billet, j'évoquerai le Mont Huangshan, souvent sinon toujours noyé dans la brume.




