"ce n'est pas parce que on a rien à dire qu'il faut fermer sa gueule" Michel Audiard
jeudi 27 octobre 2016
lundi 12 septembre 2016
un "tipi" aux Panissières
en juillet dernier, j'ai visité, avec trois de mes princesses, le marais de Sailles, près de Crêt en Belledonne, sous la houlette de Annayk T. responsable de l'écologie locale. J'ai ainsi découvert l'existence de "tipi", refuge provisoire d'insectes en tout genres, de petits rongeurs, de petits et moyens carnassiers, les uns dégustant les autres, histoire de faire vivre la chaine alimentaire.
Dans un prochain billet, avec l'aide d'Annayk, je vous en dirai plus sur ces "tipi"...
En attendant quelques photos de celui réalisé par mes soins la semaine dernière.
lundi 11 juillet 2016
bravo mes Princesses
une belle réussite en 1ère année de droit et donc un brillant passage en seconde année;
deux brillants succès (avec mentions à la clé) au brevet des collèges et donc un tout aussi brillant passage au lycée;
une très belle année de CM2 et donc un brillant passage en 6ème.
bravo mes Princesses: nous sommes fiers de vous!
dimanche 29 mai 2016
Les 55 oubliés de la bataille de Verdun.
Tout a été dit sur cette gigantesque boucherie qu'a été la bataille de Verdun.
Tout
ou presque. Tout, c'est-à-dire les combats meurtriers, l'héroïsme des
combattants, leurs peurs, leurs sacrifices, l'inhumanité de leurs
conditions de vie et de mort. Tout, c'est-à-dire les ordres et les
contre ordres qui envoyaient à la tuerie des dizaines de milliers de
soldats pour quelques mètres, gagnés le lundi et perdus le mardi. Tout,
c'est-à-dire la folie meurtrière de la guerre, cette abomination qui
habite l'homme au plus profond de lui.
Presque,
c'est-à-dire que personne n'évoque, ne parle des 55 pauvres bougres,
"fusillés pour l'exemple" et qui n'ont toujours pas été réhabilités.
Presque, c'est-à-dire que l'on se gave de mots et de belles formules
pour célébrer le courage des combattants, français et allemands, mais
que, volontairement, ces mêmes beaux-parleurs passent à la trappe la
mémoire de 55 soldats que la justice militaire de l'époque a condamné au
terme de procès iniques.

Mon
propos, dans ce billet, n'est pas de rentrer dans les détails de ces
condamnations. Pour autant, il faut garder à l'esprit que faire passer
en conseil de guerre un soldat était d'abord et surtout comme l'affirme
un rapporteur devant un conseil de guerre: "Il s'agit moins de punir un coupable que d'empêcher par la sévérité de la répression la contagion du mal." (1) A partir de là, tout est dit.
![]() |
| l'exécution d'un condamné devant tout le régiment |
La
faute, ou supposée telle, doit être punie et donc faire peur. Le
condamné sera fusillé devant le régiment selon un rite quasiment
religieux: "Réelle,
la violence de l'exécution était aussi symbolique par le cérémonial
imposé aux soldats. Son déroulement était réglé par les autorités
militaires avec une précision comparable aux grands rituels du pouvoir
et de l'Eglise. La participation de toute la société militaire
(officiers, soldats, médecins militaires, aumôniers...) procédait de la
pédagogie de l'exemple. Chacun jouait son rôle, écrit et limité à
l'avance." (2)
Après
la guerre, de nombreuses voix d'anciens combattants se sont élevées
pour demander que tous soldats condamnés par des conseils de guerre
soient réhabilités. Sans succès. Sans doute, les politiques de l'époque
jugeaient-ils qu'il était difficile de contrarier la haute hiérarchie de
l'armée, laquelle était farouchement opposée à la moindre
réhabilitation. Mais bien entendu, il n'était pas question de remettre
en cause les méthodes de commandement, les offensives aussi inutiles que
meurtrières, les erreurs grossières de stratégie, bref toutes les
fautes du haut commandement.
![]() |
| Louis Barthas |
Quand on pense que le général Nivelle*
a été fait Grand Croix de la Légion d'Honneur en 1920, qu'il a reçu la
Médaille Militaire en 1921 et qu'en 1931, son corps fut transféré aux
Invalides, je ne peux m'empêcher de citer Louis Barthas*: "Quels
châtiments auraient donc mérité ces généraux inhumains, artisans de la
défaite puisqu'ils gâchaient, gaspillaient, exposaient à la souffrance
et à la mort tant d'existences précieuses?"(3)
Aujourd'hui,
hélas, ces réhabilitations ne sont pas toujours à l'ordre du jour. Même
s'il est exact que quelques cas, bien trop rares, ont été réglés.
A
Craonne*, le 5 novembre 1998, Lionel Jospin, Premier Ministre de
Jacques Chirac, avait prononcé un long discours où il exaltait le
courage des combattants, mais aussi où il souhaitait que cet hommage
concerne aussi tous les soldats fusillés: "Que
ces soldats, " fusillés pour l'exemple ", au nom d'une discipline dont
la rigueur n'avait d'égale que la dureté des combats, réintègrent
aujourd'hui, pleinement, notre mémoire collective nationale. "
Aussitôt, tout ce que la droite et l'extrême droite comptent de
donneurs de leçons de patriotisme à la petite semaine s'élevèrent contre
ce discours jugé "déshonorant" et "insultant" pour la mémoire. Les
mêmes n'ont pas jugé utile de demander à ce que les médailles du
"boucher du chemin des Dames" lui soient retirées.
Au-delà
des mots des uns ou des autres, les actes ne suivent pas. Les 639
"fusillés pour l'exemple", dont les 55 de Verdun, pendant le première
guerre mondiale, n'ont toujours pas été réintroduits dans la communauté
des victimes de cette abominable tuerie. Il serait grand temps que nos
parlementaires, surmontant leur différences politiques, aient le courage
et l'audace de rétablir l'honneur de ces "fusillés pour l'exemple."
Pour conclure, je cite ici un passage de l'article de la Libre Pensée publié dans Médiapart le 24 février 2016: "Parce
que le peuple souverain, c’est la République en marche, parce que nous
sommes aussi la République, au nom de l’Humanité nous proclamerons que
les 639 Fusillés pour l’exemple (dont les 55 de Verdun) sont réhabilités
collectivement, qu’ils n’ont ni fauté ni trahi. Ils étaient des hommes
au Front sous les bombes, les obus et la mitraille. Ils étaient dans la
boue, le sang et l’horreur des tranchées. Ils ont dit NON à la mort
inutile. Ils ont dit NON à des ordres imbéciles aboyés par une
hiérarchie militaire qui se souciait comme d’une guigne de la vie
humaine."
* clic sur le lien
(1) in "Fusillés" de Jean-Yves Le Naour, éditions Larousse, 2010, page 19, note 30.
(2) in "les fusillés de la Grande Guerre" de Nicolas Offenstadt, éditions Odile Jacob, 1999, 201.
(3) in "les carnets de guerre de Louis Barthas, tonnelier, 1914 - 1918, éditions du centenaire, 2013, page 244. (première édition par la Librairie François Maspéro, 1978)
(2) in "les fusillés de la Grande Guerre" de Nicolas Offenstadt, éditions Odile Jacob, 1999, 201.
(3) in "les carnets de guerre de Louis Barthas, tonnelier, 1914 - 1918, éditions du centenaire, 2013, page 244. (première édition par la Librairie François Maspéro, 1978)
de Claude Bachelier
aux éditions Zonaires: www.zonaires.com
aux éditions Zonaires: www.zonaires.com
samedi 30 avril 2016
"Salauds de pauvres" (3)
Les deux premiers articles que j'avais écrit sur ce thème étaient consacrés à Mr Laurent Wauquiez, à cette époque ministre des affaires européennes*, puis ministre de l'enseignement supérieur*
dans le gouvernement de Mr Fillon. Lequel Wauquiez est aujourd'hui
président de la région Rhône Alpes Auvergne, député de la Haute Loire et
secrétaire général délégué du parti LR de Mr Sarkozy. Il se faisait et
se fait toujours le pourfendeur de ce que lui et ses amis appellent
l'assistanat.
crédit photo: AFP
Mais ce n'est pas à lui que je vais consacrer mon billet de ce jour mais à Bruno Le Maire,* député de l'Eure et candidat à la primaire de "la droite et du centre".
Il est né en 1969, a fait de
brillantes études: Ecole Normale Supérieure (reçu premier à l'agrégation
de lettres modernes) Sciences Po et l'ENA. Il a commencé sa carrière au
sein du ministère des Affaires Etrangères. Il a été un très proche
collaborateur de Mr de Villepin, de 1998 à 2007. Il a ensuite été
ministre de 2008 à 2012 dans le gouvernement de Mr Fillon. Donc une
longue carrière politique classique commencée à 29 ans.
Candidat déclaré à la primaire de "la droite et du centre", il se veut le candidat du renouveau et du renouvellement: "le renouveau, c'est Bruno" peut-on lire sur le tee-shirt de ses soutiens.
Alors, pour étayer cette prétention, il lui arrive de tomber la cravate, mais surtout de prononcer tous ses discours en relevant ses bras de chemise. A tel point que lors du congrès de son parti en 2015, alors qu'il montait à la tribune pour lire son discours, son "ami" Brice Hortefeux lui a demandé: "tu viens de faire la vaisselle?*" Ambiance...
Alors, pour étayer cette prétention, il lui arrive de tomber la cravate, mais surtout de prononcer tous ses discours en relevant ses bras de chemise. A tel point que lors du congrès de son parti en 2015, alors qu'il montait à la tribune pour lire son discours, son "ami" Brice Hortefeux lui a demandé: "tu viens de faire la vaisselle?*" Ambiance...
Mais ce qui m'amène aujourd'hui à
poser ma plume sur lui n'est pas son parcours, somme toute aussi
classique que banal dans notre classe politique, ni pour ses tenues
vestimentaires, elles aussi classiques et banales.
Non, ce sont ses déclarations et intentions concernant les titulaires du RSA: il propose que les départements puissent*, je cite: « avoir la possibilité d’avoir accès aux comptes bancaires des bénéficiaires du RSA pour s’assurer que chaque bénéficiaire touche bien le montant dont il a besoin et qu’il n’y a ni gabegie, ni fraude ». Et il ajoute: "Je veux que chaque euro d’aide sociale aille à ceux qui en ont besoin."
Dans la même déclaration, il n'hésite pas à affirmer sur le ton martial qui convient: "le RSA est un minima social qui s’applique à une situation d’urgence. Or, quand on a 12 000 euros sur son compte en banque, on n’est pas dans l’urgence. » Sans invoquer les entreprises bénéficiaires, entre autres du CICE, qui perçoivent des millions d'euros d'argent public alors qu'elles dégagent des résultats faramineux, qu'elles font des ponts d'or à leurs dirigeants, même quand ils échouent, et distribuent des montagnes de dividendes à leurs actionnaires. Mais pour Mr Le Maire, un pauvre doit être pauvre!
on ne peut que souscrire à une telle ambition: aider ceux qui en ont besoin tout en contrôlant le bon usage des deniers publics.
Mais ce qui pose question, c'est que les soucis de bonne gestion de Mr Le Maire s'adressent une fois de plus aux démunis, aux pauvres: pour mémoire, le montant du RSA* est de 549 € pour une personne seule, 1121 € pour une personne seule avec deux enfants.
Ajoutons que près d'une personne sur deux qui pourrait prétendre au RSA n'en fait pas la demande...
Le montant des fraudes aux diverses prestations sociales est de 143 millions d'euros, incluant celles du RSA qui se situent à peu près à 40 millions. Rapportée aux 9,3 milliards versés aux 2 500 000 allocataires fin 2015, cela reste limité. Et rapportée aux 40 milliards de la fraude fiscale estimée en France, c'est une goutte d'eau dans l'océan!
Cela posé, que l'on se comprenne bien: je suis convaincu autant
que quiconque qu'il convient de traquer les fraudes, toutes les
fraudes, mais cependant que l'on ne mette pas plus d'énergie à traquer
les voleurs de pommes que les costumes cravates!
J'ai cherché sur le blog de Mr
Le Maire et un peu partout sur les différents médias ses positions, ses
propositions suite aux révélations des "panama papers". Rien, pas une
ligne, pas un mot.
Pourtant, dans le souci qui est le sien et que l'on peut supposer sincère, qui est de pourchasser "les fraudes et la gabegie", rien qui puisse, dans ses déclarations, faire apparaitre une colère ou une condamnation de pratiques iniques qui permettent à une minorité de s'enrichir sans limites! "Qui ne dit mot consent" dit le dicton. J'ai quand même du mal à imaginer que Mr Le Maire puisse être d'accord avec ces fraudes. Mais alors pourquoi ne dit-il rien? Et inversement, pourquoi cet acharnement sur les allocataires du RSA?
Pourtant, dans le souci qui est le sien et que l'on peut supposer sincère, qui est de pourchasser "les fraudes et la gabegie", rien qui puisse, dans ses déclarations, faire apparaitre une colère ou une condamnation de pratiques iniques qui permettent à une minorité de s'enrichir sans limites! "Qui ne dit mot consent" dit le dicton. J'ai quand même du mal à imaginer que Mr Le Maire puisse être d'accord avec ces fraudes. Mais alors pourquoi ne dit-il rien? Et inversement, pourquoi cet acharnement sur les allocataires du RSA?
Même chose pour les millions
d'euros donnés aux entreprises, y compris et surtout celles qui font des
bénéfices, dans le cadre du CICE*:
Crédit d'Impôt pour la Compétitivité et l'Emploi, institué en 2013.
Pour l'année 2014, 24 grandes entreprises ont perçu 1,6 milliard
d'euros, et cela sans le moindre justificatif et encore moins
d'obligation de résultats. Rappelons que ce CICE a pour but, entre
autres de favoriser "la recherche et l'innovation". On peut quand même
se demander si certaines entreprises font vraiment, "de la recherche et
de l'innovation". La liste des entreprises bénéficiaires* répond à la question posée.
A ce sujet, B. Le Maire n'a aucune interrogation: lui si prompt à dégainer sur la "gabegie" reste muet sur le sujet.
Plus généralement, il s'exprime peu sur les allègements divers et variés consentis aux entreprises en terme de réduction d'impôts ou de cotisations sociales; et pourtant, là encore, il n'y a ni obligations de résultats, ni d'ailleurs de résultats. Là-aussi, il reste muet... Sauf à dire que, lui président, il ne négociera pas avec les syndicats*: Monsieur Trump, aux USA, ne dit pas autre chose!
Il ajoute, dans cet interview: "je
veux donner la garantie absolue aux contribuables que les aides
sociales sont justifiées" et "que l’argent va où on en a besoin".
Là encore, noble souci de l'argent public. Mais cela m'a amené à m'interroger sur l'argent public que lui, Bruno Le Maire, perçoit en tant qu'élu du peuple, en tant que député. Des sommes conséquentes mais, me semble t-il, justifiées eu égard à l'importance du mandat et aux responsabilités propres à chaque élu.
Là encore, noble souci de l'argent public. Mais cela m'a amené à m'interroger sur l'argent public que lui, Bruno Le Maire, perçoit en tant qu'élu du peuple, en tant que député. Des sommes conséquentes mais, me semble t-il, justifiées eu égard à l'importance du mandat et aux responsabilités propres à chaque élu.
Je suis donc allé jeter un oeil sur l'activité parlementaire du pourfendeur de la gabegie. Et pour cela, je suis allé sur les sites: https://www.nosdeputes.fr/bruno-le-maire/graphes/lastyear et http://www2.assemblee-nationale.fr/deputes/fiche/OMC_PA331481.
Je vous laisse examiner en
détail sa présence au cours des différentes sessions, sa participation à
la commission des finances et ses prises de paroles. Lui l'opposant
farouche au cumul des mandats (c'est sans doute le seul point d'accord
que j'ai avec lui), devrait être, me semble t-il, plus présent dans
l'hémicycle puisqu'il est seulement député. Or, ce n'est quand même pas
tout à fait le cas: d'après le site https://www.nosdeputes.fr/synthese,
il se situe souvent dans les 150 derniers pour les différentes
activités: 3 présences à la commission des finances et pas
d'interventions et 11 semaines d'activités quand les meilleurs en sont à
38 ou 39...
Je ne veux pas me livrer à des calculs de boutiquier, mais je m'interroge quand même sur la pertinence de sa rémunération au regard de son activité parlementaire. Lui qui veut donner aux contribuables la certitude que leur argent est bien employé ne donne pas vraiment l'exemple. Serait-il un adepte du "faites ce que je dis, pas ce que je fais", très en vogue chez les puissants?
Je ne veux pas me livrer à des calculs de boutiquier, mais je m'interroge quand même sur la pertinence de sa rémunération au regard de son activité parlementaire. Lui qui veut donner aux contribuables la certitude que leur argent est bien employé ne donne pas vraiment l'exemple. Serait-il un adepte du "faites ce que je dis, pas ce que je fais", très en vogue chez les puissants?
Le populisme et la démagogie
sont les défauts les mieux partagés par les différentes classes
politiques partout dans le monde. La France en la matière ne fait pas
exception, loin s'en faut. Ces populistes et ces démagogues se veulent à
l'écoute des peuples, mais ne les entendent pas.
Aux prétextes
fallacieux d'aller vers davantage de progrès ou de croissance, ils
mettent en place, quand ils arrivent au pouvoir, des politiques
d'austérité dont chacun peut mesurer qu'elles ne font qu'accentuer
misères et précarités. C'est vrai chez nous, mais pas que.
Bruno Le Maire, hélas, fait
partie de ces gens. Certes, il n'est d'aucun extrêmes, ni de gauche ni
de droite. Pour autant, son approche populiste du débat politique, ses
discours démagogiques, les méthodes autoritaires qu'il prétend mettre en
application s'il devait arriver au pouvoir, son mépris affiché de ses
adversaires, y compris au sein de son propre camp, sans parler de son
programme politique ultra réactionnaire et de son programme économique
ultra libéral.
Tout cela m'amène à penser que cet homme est dangereux!
* clic sur le lien
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mercredi 6 avril 2016
une correspondance de 1902 de la baronne des Panissières
Qui aurait pu penser que les gens des Panissières avaient du sang bleu dans les veines?
en allant sur "présentation" puis "agrandir le texte seulement", vous pourrez lire cette correspondance plus facilement.
un texte que mes amis Noëlle et Jean Pierre Macian ont découvert dans "La Chronique d'Allevard Les Bains 1902" (Hebdomadaire illustré. Directeur Docteur BOËL) et qu'ils ont eu la gentillesse de me faire parvenir.
dimanche 6 mars 2016
le moulin à huile de Tencin
Le moulin à huile de Tencin existe depuis 1875. Mis à part une
assez longue interruption entre 1914 et 1945, ce moulin fonctionne
toujours avec quasiment les mêmes équipements, dont la lourde meule
broie les cerneaux dans le socle, issu d'un rocher du col du Coq. C'est
un système de courroie, lui aussi très ancien, qui actionne la meule.
| la meule actionnée par des courroies |
Puis,
une fois les cerneaux broyés, Jacques, l'opérateur expérimenté dépose
la pâte sur la "poêle" où il s'agit de griller légèrement la pâte afin
d'éliminer l'eau encore contenue dans le cerneau. Tout l'art consiste à
griller juste comme il faut, ni trop, ni trop peu.
| Jacques |
| "la poêle" |
Ensuite, la pâte ainsi chauffée est posée dans le pressoir, lequel pressoir exercera une pression de 600 tonnes pour extraire une huile aussi pure que savoureuse. Il faut à peu près 2 kilos de cerneaux pour faire un litre d'huile.
![]() |
| le pressoir |
Jacques enlève ensuite du pressoir une grosse galette appelée "tourteau", ou "toule", lequel tourteau sera soit repassé sous la meule pour une seconde pression, soit utilisée pour l'alimentation animale.
| à gauche les plaques de tourteau |
Le moulin à huile de Tencin est certes une petite unité, ce qui ne l'empêche pas de produire 4000 litres d'huile par an, à partir de la production des agriculteurs locaux ou de particuliers, dont Monique L. qui m'a fait l'amitié d'ajouter les quelques noix de notre production aux siennes et de me faire connaitre ainsi le moulin de Tencin et Jacques, le sympathique maitre des lieux.
| Jacques, le maitre des lieux |
Les productions des particuliers ne sont pas incluses dans le label "La noix de Grenoble",
cette dernière bénéficiant d'une AOC depuis 1938, mais aussi, depuis
1996, d'une AOP, Appellation d'Origine Protégé, décernée par l'Union
Européenne. C'est dire si sa qualité est reconnue.
En 2010, 10130 tonnes de noix avaient été produites par 1100 agriculteurs sur une aire géographique de 7000 hectares, en Isère.
En 2010, 10130 tonnes de noix avaient été produites par 1100 agriculteurs sur une aire géographique de 7000 hectares, en Isère.
"Angèle Cartier"
de Claude Bachelier
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